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En 1955, après l'électrification
des premières lignes de la banlieue Est, sept machines,
dont la nôtre, furent mutées à la région
Ouest. Le reste de la série continua à assurer son
service jusqu'en 1960, date à laquelle les trois dernières
machines furent ferraillées.
Le 24 mai 1955, notre machine est donc mutée sur la région
Ouest au dépôt des Batignolles. Elle y rejoint 40
locomotives du même type, également commandées
en 1932 par le Réseau Etat pour ses trains de banlieue
au départ de Paris Saint-Lazare.
Elle est ré-immatriculée 141 TD 740.
A cette époque, ces trains étaient composés
de rames Talbot ou de rames à deux étages, très
typiques de cette banlieue. La 141 TD 740 fut munie
comme ses consurs du dispositif de réversibilité :
il permettait aux trains de circuler dans les deux sens sans avoir
à remettre chaque fois la locomotive en tête. Un
poste de conduite était aménagé dans la dernière
voiture. De là, grâce à un appareillage pneumatique
et électrique, le mécanicien conduisait à
distance sa locomotive qui poussait le train. Seul le chauffeur
restait à l'arrière pour alimenter le feu.
La 141 TD 740 est affectée au service
des lignes de Paris Saint-Lazare à Mantes via Poissy ou
Conflans-Sainte-Honorine.
Le 19 septembre 1966, lors de la mise en service de
l'électrification de la ligne Paris-Rouen via Poissy, elle
ne circule plus que sur la ligne de Conflans-Sainte-Honorine et
est mutée au dépôt de Mantes-La-Jolie.
Le 28 février 1967, la ligne de Conflans est elle aussi
électrifiée. Tout service vapeur au départ
de Paris-Saint-Lazare cesse. La 141 TD 740 et ses consurs
sont réformées.
A cette date, notre locomotive avait parcouru 971.437 kilomètres.
La 141 TD 740 est garée au dépôt
de Mantes le 3 avril 1967 et rayée des effectifs de la
SNCF le 19 août 1968.
Alors que toutes les autres machines de sa série sont vouées
à la démolition, notre future locomotive est choisie
pour figurer au musée du chemin de Fer de Mulhouse. En
attendant sa restauration, elle est garée au dépôt
d'Angers, puis à celui de Thouars. Malheureusement elle
reste à l'extérieur, livrée aux intempéries,
et son état ne cesse de se dégrader.
En 1981, la SNCF juge cette locomotive irrécupérable
et décide de la vendre.
Notre Association en fait l'acquisition le 11 février 1982.
Fin février 1982, la TD 740 est acheminée
à l'ex-dépôt du Buisson loué à
la SNCF. Les membres de notre Association se mettent au travail.
Plusieurs milliers d'heures seront nécessaires pour la
remise en état de marche. La chaudière est ré
éprouvée par le service des Mines le 2 juillet 1982
et la machine fait ses premiers tours de roues après plus
de 15 ans d'inactivité le 29 septembre.
Début 1991, nous installons notre locomotive à vapeur
ainsi que tout le reste du matériel sur le site SNCF de
l'Entretien Matériel de Limoges Puy-Imbert.
En 1995 et 1996, notre machine va subir une grande révision
conformément aux instructions SNCF en vigueur. La révision
de la chaudière sera réalisée en 1999.
Depuis sa construction, notre locomotive a parcouru plus d'un
million de kilomètres dont 60.000 kilomètres en
tête de notre train touristique.
La livrée et la décoration de la locomotive ainsi
que la rame de voitures voyageurs tractée par cette machine
sont conformes à celles du début des années
1950.
Cette machine a été classée parmi les monuments
historiques au titre de la préservation du patrimoine industriel
par décret ministériel en date du 30 octobre 1987.
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